Gaienhofen – Hofkirchen

Lundi 22 Août, troisième jour de voyage et premier jour de dépaysement puisqu’il s’agit de passer des rives du Rhin (fleuve familier pour nous Alsaciens) à celles du Danube. L’itinéraire s’est poursuivi le long du Rhin puis du Lac de Constance (ensemble de plan d’eau faisant frontière entre l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse) jusqu’à Radolfzell (ville en bordure). De là, Nous savions que SEULEMENT 37 kilomètres nous séparaient du Danube ! Cependant nous ne pensions pas que ces kilomètres allaient être les plus durs du voyage. En effet cette distance se fait sur 450 mètres de dénivelé. Ainsi c’est sous un soleil de plomb, avec 12 kg sur le dos que nous avons gravi le paysage allemand jalonné par ses montées à 10 % et ses descentes faisables à 73 Km/h (oui oui, Victor l’a fait !). Nous sommes arrivés à destination c’est-à-dire à Tuttlingen (Ville proche de la source du Danube) en fin d’après-midi. De là nous avons commencé notre périlleuse descente du fleuve à travers la Forêt Noire jusqu’au coucher de soleil. Notre 3ème journée s’est terminée par l’installation de notre 2ème camping sauvage en pleine montagne, là où l’Homme n’est pas destiné à y fouler la terre…

Possibilité de se loger en hôtels, en chambre d’hôtes ou dans des campings de très bonne qualité.

Mardi 23 Août, réveillés par la fraîcheur de l’air et le soleil perçant les montagnes, nous sommes partis de Beuron tôt dans la matinée. Les parois rocheuses laissaient peu à peu place à d’énormes plaines de champs, de champs et de RE-CHAMPS ! Ainsi la route s’est poursuivie sous le soleil brûlant sans aucune ombre de fraîcheur. Puisque il est préférable pour le morale de trouver un bon côté à toute épreuve, nous nous sommes dit que ce temps était idéal pour faire un peu de bike bronzette. La journée s’est terminée par la fabuleuse découverte d’un camping semi-sauvage (terrain vague et sanitaires) dans lequel nous avons pu planter notre tente et admirer le départ de plusieurs montgolfières.

        La signalisation est correcte, de nombreux panneaux indiquent la route EuroVélo6.       

Mercredi 24 Août, cinquième réveil de notre voyage et premières heures caniculaires qui ne seront que le début d’une longue série aussi primée après mûre réflexion comme : la partie la plus difficile d’un point de vue psychologique. Notre itinéraire s’est effectué à travers de multiple champs et villages (encore et toujours). L’air lourd et les bouffées de chaleur étouffantes venant de la terre nous obligeaient à nous hydrater plus abondamment qu’à la normal. Nous sommes ainsi passés de 3L par jour à 6L par jour. Au fil des heures et des jours les points d’eau se raréfiaient.

Peu de fontaine à eau disponible sur l’ensemble de l’itinéraire.
Beaucoup de très belles pistes cyclables.

Malgré les grandes villes que nous traversions…: Ulm jolie ville du Sud de l’Allemagne (Bade-Wurtemberg) dont le centre historique est fortifié, Ingolstadt 6ème plus grande ville de Bavière où nous avons pu goûter à des spécialités bavaroises, Regensburg classée au patrimoine mondial de L’UNESCO… le peu de fontaine disponible ne nous permettait pas de remplir nos stock et nous finissions ainsi les fin d’après-midi la gorge sèche et le corps déshydraté. La deuxième complication de cette partie du voyage fût le nombre de campings disponibles. Peu de campings sont ouverts dans cette région de l’Allemagne. Ainsi le vendredi 26 Août après une longue journée de voyage sous la chaleur (117kilomètres) nous avons fait du camping sauvage avec très peu de ressources en nourritures et en eau et bien évidemment pas de sanitaire. Suant et fatigué nous avons été contraints de dormir dans nos sacs de couchage (collant) avec cette sensation de se coucher dans un pot de miel… Cette nuit restera marquée comme la pire nuit de notre voyage. Nous pensions que l’aspect physique du voyage était notre plus grande peur, notre plus grande crainte à surmonter. Mais au final nous nous sommes rendus compte que le mental joue aussi un rôle important dans ce genre de voyage qui vous met en situation d’inconfort, hors des sentiers battus. Vivre constamment avec ce stress psychologique qui vous dit que votre corps est en manque de ressources ou de confort a été le plus dur de nos combats. 

Laisser un commentaire